Musée Archéologique du lac de Paladru

Chantier archéologique

On connaît la chanson - Alain Resnais
La notoriété du lac de Paladru ne tient pas uniquement au célèbre film d’Alain Resnais « On connaît la chanson » !
Les recherches archéologiques, commencées dans les années 70, ont dévoilé le pan d’une histoire encore peu renseignée par l’archéologie : celle des sociétés néolithiques et des débuts de l’An Mil.

Historique des découvertes

Entre Lyon et Grenoble, le lac de Paladru est situé au cœur des Terres Froides orientales, non loin des premiers contreforts du massif préalpin de la Chartreuse. Niché au cœur d’un espace boisé et collinéen (492 mètres d’altitude), il occupe une dépression d’origine glaciaire. De par sa superficie, 392 hectares, il se positionne comme le cinquième lac naturel de France.

Stations lacustres

Les principales stations lacustres, dispersées autour du lac de Paladru, ont toujours été connues par les habitants. Il était ainsi fréquent d’observer les pêcheurs accrocher leurs filets aux pieux hérissant les hauts-fonds.


Cité d'Ars engloutie

Ces découvertes ont donné corps à la croyance selon laquelle les eaux auraient autrefois englouti une cité : la mythique cité d’Ars.

A Houot , "Ars engloutie" édition Glénat


Fouilles terrestres sur la station des Grands Roseaux - Ernest Chantre Profitant d’un étiage exceptionnel en 1869, l’archéologue et conservateur Ernest Chantre engage des fouilles terrestres sur la station des Grands Roseaux située au nord du lac de Paladru. Dans un enchevêtrement complexe de madriers et de pieux, il recueille des ossements d’animaux, des macros restes végétaux et du mobilier en céramique, en bois et en métal.
Après ces premières recherches, un autre mythe allait alors prendre corps, celui des célèbres cités lacustres sur pilotis : les palafittes. On sait aujourd’hui que les constructions n’étaient pas sur pilotis.


Quelques années plus tard, en 1921, l’un des précurseurs de l’archéologie dauphinoise, Hippolyte Müller profite d’une nouvelle baisse des eaux pour explorer la partie du sud du lac. Il localise alors les premiers gisements néolithiques du site des Baigneurs, puis les premières traces des occupations des débuts de l’an mil.
Hippolyte Müller Hippolyte Müller

L’histoire archéologique devient une réalité lorsque qu’en 1972, la municipalité de Charavines projette des aménagements balnéaires et portuaires sur l’emplacement des sites subaquatiques. Deux opérations de sauvetage commencent en alternance, l’une sur le site des Baigneurs sous la direction d’Aimé Bocquet et l’autre sur celui de Colletière, sous la direction de Michel Colardelle rapidement secondé par Eric Verdel.

L’importance des découvertes effectuées au cours des premières campagnes conduit rapidement les équipes à transformer ces interventions de sauvetage en fouilles programmées. Le travail des archéologues s’intensifie, se précise et, très vite, les sites acquièrent une renommée nationale puis internationale.
Le lac devient alors un lieu d’expérimentation des techniques de fouilles subaquatiques et un site de référence pour la rareté des objets trouvés.
Lac de Paladru

La fouille subaquatique : la mise en place de méthodes méticuleuses adaptées à un environnement spécifique.

Dans les années soixante, des pionniers de la recherche subaquatique ont peu à peu mis au point des techniques et méthodes permettant la récupération précise et raisonnée de vestiges archéologiques. En s’inspirant de ce qui se pratique sur d’autres fouilles lacustres, notamment à Chalain dans le Jura, une méthode de fouille spécifique est mise en place en 1981 sur Paladru.

Repèrage des fouilles du lac de paladru

Repérage précis des vestiges et des structures dans les trois dimensions : les surfaces fouillées sont matérialisées par des triangles équilatéraux de 5 mètres de côté.


Extraction des sédiments


Extraction du maximum de renseignements à partir de tous les sédiments qui entourent les objets archéologiques (charbons de bois, objets, céramique, cuirs et restes alimentaires)


Tri et lavage des sédiments


Ces éléments sont triés, comptés, séchés, pesés et parfois envoyés dans un laboratoire spécialisé pour une identification plus précise. Certains nécessitent un traitement particulier de conservation. Quant aux grosses structures dégagées par les fouilles (pieux, madriers), elles sont reportées sur le plan général de la station et fichées, en fonction de leur essence, leur diamètre, leur forme, leur inclinaison et leur orientation.


Plan général de la station Ces éléments deviendront riches d’enseignement sur les types architecturaux, les modes de vie, l’économie, les techniques et l’environnement des deux sociétés étudiées.
L’étude historique qui en découlera permettra de connaître une colonisation rurale contemporaine du Néolithique puis du premier âge féodal dauphinois.